Je ne sais que penser de cette lecture que j’achève... Plusieurs fois je me suis demandé si j’allais aller jusqu’au bout... et je suis finalement plutôt content de n’avoir pas refermé trop tôt ces pages... Mais je ne sais trop qu’en penser...
Cette lecture est comme une illustration d’une discussion que j’ai eue avec un ami sur cette étonnante littérature du moment qui consiste à se raconter. Et souvent, d’ailleurs, à raconter ses blessures, ses combats, le mal qui s’est acharné et parfois par l’entourage... Ici c’est plus soft, rassurez-vous, mais c’est quand même du même ordre. Et c’est d’ailleurs ce qui est intéressant car notre auteur raconte en fait le pourquoi de ce livre, avec ce même questionnement : pourquoi se croire obligé d’exposer à la lecture de tous nos traversées à chacun ? Et il résiste, du coup ; il résiste notre auteur, jusqu’à ce que ça bascule et qu’il y consente.
Alors que raconte-t-il ? Son père, ses origines anglaises, son histoire familiale qu’il va découvrir au cours de ce voyage qu’il entreprend suite à un rêve. Et là il va découvrir quelque chose de ce que veut dire être père, il va comprendre qui est le sien, il va aussi appréhender ce que ses origines anglaises ont sans doute imprimé en lui – et même en eux, en fait.
C'est donc l’histoire d’un voyage. Géographique et intérieur, qui est géographique et généalogique. Le tout avec les Beatles en arrière fond mais aussi la lecture d’Hamlet que notre auteur fait pendant ce périple anglais.
Et ce qui me vient là c’est que ça donne un « truc » un peu étonnant, pas inintéressant, un peu fouillis comme semble l’être un jardin à l’anglaise, mais où chaque élément trouve en fait sa place...
Au final c’était pas mal, comme lecture. Même si je ne suis pas sûr que ça ait beaucoup plus d’intérêt que le premier livre que Charles Wright a écrit, Le chemin des estives, qui a pourtant reçu un Prix des libraires religieux ou un Prix Spiritualité, je ne sais plus trop, et que j’avais peu aimé, même si beaucoup autour de moi me disaient qu’il fallait le lire ! Sans doute parce que je me demandais déjà quel est l’intérêt à se raconter ; celui-là je ne l’avais pas terminé, je ne voyais pas où le voyage nous menait et ça me semblait lent et long.
ll y a donc du progrès, ici !! Et l’intérêt, je le redis, c’est la réflexion que fait notre auteur, l’air de rien, sur l’enjeu à écrire son propre voyage intérieur, sa découverte de ses origines, de ses racines, et de qui est en fait son père – et ce qu’est, même, être père…
Voyez... Je ne sais s’il faut vous recommander plus que cela d’aller lire ces pages ou pas... Je ne sais trop quoi penser de plus de cette lecture... Et peut-être vous demandez-vous pourquoi je l’ai lu ? Bonne question... je crois que c’est la 4ème de couverture qui m’a décidé... Je vous laisse juges par vous-même...
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Charles Wright, Le jardin anglais, Albin Michel, avril 2025, 237 pages, 19€90.