Un homme raconte. Il est là, sur un pont. Serait-il prêt à sauter ? Mais pourquoi ?
Notre homme en raconte un autre, Rahmat. Ou plutôt il raconte le film qu’il voulait tourner, et par là-même l’histoire de cet homme : Rahmat.
Rahmat a fui son pays, l’Afghanistan. Et le voilà en Inde, à Kolkata. Il est arrivé là par un passeur, et il ne va pas s’en tirer comme cela, il lui est redevable. Et là, dans cette ville qui grouille de monde et où la survie se joue à la débrouille, il va rencontrer cette enfant, Mini. Pourquoi elle ? Nous finirons par le comprendre. Pour l’heure ils vont apprendre à se connaître et à s’apprivoiser. Sauf que la vie n’est pas si simple... pour personne.
Rahmat. Pour elle c’est le Kabuliwalla, on comprendra pourquoi. Mais son histoire à lui, n’est-ce pas en fait celle de notre narrateur qui se met là en mots ?
Le style est magnifique, l’histoire est assez prenante, même s’il faut s’accrocher un peu entre l’histoire racontée et les sauts dans les pensées du narrateur, et pour suivre le fil des rencontre et les différents prénoms… Mais ça vous prend, c’est un très beau roman. Qui nous plonge dans cette vie de réfugié, avec toutes les incompréhensions qui vont avec, de part et d’autre, les différences de culture, de religion et de langue, mais aussi les incompréhensions quant aux raisons à fuir son pays et venir trouver refuge ailleurs ; qui peut comprendre vraiment ?
A tout cela vous ajoutez le 11 septembre 2001 et la violence ou la répression que cela va entraîner. Et là, au coeur de tout cela, Rahmat. Rahmat et Mini, Rahmat qui va même être prêt à se sacrifier pour elle. Mais pourquoi donc ?
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Atiq Rahimi, Kabuliwalla, c’est moi, P.O.L éditeur, mars 2026, 211 pages, 19€.
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De Atiq Rahimi j’avais lu déjà et beaucoup aimé aussi, à l’époque, ces deux romans plus anciens, de ses premiers : Terre et cendre (P.O.L 2000) et Syngé sabour (P.O.L 2008, Prix Goncourt).
Je redécouvre par ce blog avoir également lu La Ballade du calame (L’Iconoclaste 2015) mais pour lequel je n’ai par contre aucun souvenir (visiblement j’avais aimé, vu ce que j’en ai alors écrit, et ça me donnerait même envie d’aller le relire).