Jeudi 9 avril 2026 | Octave de Pâques
Ac 3,11-26 / Ps 8 / Lc 24,35-48
Cette page d’Évangile fait directement suite à celle d’hier ; nos deux disciples sont revenus à Jérusalem annoncer aux apôtres que Jésus est bien vivant, ressuscité, ils ont marché et parlé avec lui.
Et voilà que de nouveau Jésus est là. Mais que de nouveau il va falloir le reconnaître. C’est trop in-croyable, sa résurrection, pour que ce soit une évidence de suite acquise. Et pour cause, ils l’ont vu mourir.
Il va falloir que peu à peu ça prenne corps en eux et qu’ils n’aient plus besoin qu’il vienne et revienne pour qu’ils puissent en vivre et l’annoncer. 40 jours. Après quoi Jésus ressuscité remontera auprès du Père. 40 jours pour leur manifester sa résurrection et qu’il sera présent, autrement, qu’il est vivant, ressuscité.
40 jours, comme les 40 jours du carême et donc comme les 40 ans au désert. C’est l’affaire d’une vie, d’apprendre à reconnaître vraiment que Jésus est bien présent avec nous, que le Christ se donne à nous encore, en son eucharistie notamment, qu’il agit par son Église et ses sacrements, et qu’il est là avec nous, mystérieusement mais réellement.
C’est l’affaire d’une vie que de le contempler dans le don de sa vie et, pour ce faire, de nous laisser travailler par les Écritures. Pour qu’il se révèle à nous, personnellement, et que nous puissions continuer à le chercher et à marcher avec lui, que nous puissions l’aimer et le faire aimer…
Dans notre page d’Évangile de ce matin, Jésus ressuscité donne à toucher son corps blessé, marqué, et il ouvre de nouveau les Écritures. Il rappelle aussi cette mission qui devient la nôtre, de proclamer la conversion en son nom, pour le pardon des péchés.
C’est exactement ce qu’on a entendu dans la 1ère lecture, avec Pierre et Jean et les suites du miracle de la Belle-porte.
Pierre et Jean se sont approché de cet homme qui souffre et n’avaient rien d’autre à lui offrir que de le relever au nom de Jésus. Ici c’est par un miracle qui rappelle ceux de Jésus, mais un miracle qui est signé, comme ça l’était avec Jésus, signe du salut qui vient, qui est donné, signe pour la conversion de celles et ceux qui en sont témoins. Car là est le chemin du salut : faire retour vers Dieu et accueillir son pardon. Et cela devient une mission à vivre, avec celles et ceux que nous rencontrerons à notre tour. Et là sera le miracle…
Car conversion et le pardon des péchés c’est aussi l’affaire d’une vie, mais c’est surtout un chemin de vie, de libération. Certes qui prend parfois du temps et qui demandera à pouvoir mettre en mots ce qui a été commis comme ce qui a été subi, pour peu à peu se laisser guérir…
Pour l’heure, entendons l’appel à contempler le Christ ressuscité qui reste marqué, blessé, de ce péché des hommes qui l’a crucifié. Ouvrons avec lui les Écritures, un jour après l’autre. Et demandons au Seigneur que son Église et chacun de nous soyons des témoins vivants de son salut et de son pardon, des témoins, aussi, de sa paix. Nos vies et ce monde en ont besoin. Amen.