Jeudi de la 8ème semaine du Temps ordinaire
1P 2,2-5.9-12 / Ps 99 / Mc 10,46b-52
Je ne sais comment vous recevez la 1ère lecture de ce jour, mais je la trouve magnifique – il faudrait s’arrêter sur chaque phrase ! J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de saisissant dans ce que l’apôtre Pierre nous rappelle-là et dans les appels qu’il nous adresse.
Une 1ère question m’est venue : sommes-nous « avides » de la Parole de Dieu ? Avides. C’est le mot qu’il utilise. Avides de la Parole comme du lait maternel pour notre croissance. Cette Parole, dit-il, « qui [nous] fera grandir pour arriver au salut. »
C’est l’enjeu ! Et c’est l’horizon de nos vies. C’est même ce à quoi nous sommes appelés, en disciples du Christ-Jésus mort et ressuscité pour nous, pour notre salut…
Être « avides » de la Parole… pour qu’elle nous forme et nous façonne, pour qu’elle nous féconde et nous enfante à la vie chrétienne – la vie en Christ – ; et que, par elle, nous nous approchions du Christ-Jésus, nous le connaissions mieux et l’aimions, que nous nous laissions appeler par lui et que nous nous ouvrions à ses promesses de vie et d’amour. Et qu’alors, peu à peu, un jour après l’autre, nos vies se laissent sauver et si elles en témoignent et en rayonnent pour d’autres, en paroles – le témoignage – et en actes – la miséricorde et charité.
Alors oui, comme dit St Pierre, nous annoncerons – et nous annonçons ainsi – les merveilles de Dieu : son salut en nos vies ; combien sa Présence, son amour, sa Parole, c’est lumière qui peut éclairer l’obscurité de toute vie et de toute épreuve – ces ténèbres dont parle l’apôtre.
Et alors, comme Bartimée (dans l’évangile de ce jour), nous passons des ténèbres de l’aveuglement à la lumière d’une Présence qui nous saisit, nous attire et nous entraîne. Et c’est le travail d’une vie, c’est l’enjeu de notre attachement au Christ, l’enjeu, du coup, de toute notre vie avec lui, à son écoute, dans le fin silence de la prière et l’écoute patiente et persévérante de ce que sa Parole va venir éveiller et appeler en nous…
Comme je le disais hier, tout cela nous le savons, et de fait, c’est ce qui habite l’ordinaire de nos jours et de vos vies à chacune, mes sœurs. Mais quand même ! C’est tout-jours à entendre et surtout à vivre ! Chacun de nous et pour tous, dans notre Église.
Et votre vie ensemble est bien au service de cela, mes sœurs, au service de la marche de chacune avec l’Époux ; mais au service, aussi, de notre marche commune, en Église, pour qui vous êtes signe et que vous portez dans la prière.
Nous sommes des pierres vivantes, dit l’apôtre Pierre ; pierres vivantes du Temple de Dieu, le Corps du Christ, appelés à être sa Présence aujourd’hui au milieu des nations, au cœur du monde tel qu’il est, que Dieu aime et veut sauver – pierre après pierre, ai-je envie de dire.
Ce salut, nous le savons, non seulement nous y sommes destinés, comme dit St Pierre, mais parce qu’il nous est déjà acquis, par la mort et la résurrection du Christ-Jésus. Il nous y appelle, aujourd’hui encore. Puissions-nous tout-jours y croire et en vivre ; nous convertir aussi, concrètement, que nos « belles actions », comme dit l’apôtre, rendent gloire à Dieu.
Que notre Église, et nous avec, puissions-nous en être témoins pour tous les Bartimée qui nous entourent et dont le cri est bien souvent mal entendu, car nous sommes affairés à je ne sais quoi, voire il est tu car il dérange…
Puissions-nous entendre et réentendre, pour nous-mêmes, mais aussi donner à entendre, ce « Confiance, lève-toi, il t’appelle » de l’évangile. Que ces mots soient Parole de Vie qui relève et console, qui met en route et fait passer des ténèbres à une lumière qui est là et qui peu à peu va pouvoir alors se glisser en nos vies, se répandre, et éclairer mieux nos vies et ce monde… Amen.