Mercredi de la 8ème semaine du Temps ordinaire
1P 1,18-25 / Ps 147 / Mc 10,32-45
À peine sommes-nous sortis du Temps Pascal et revenus au Temps ordinaire – le Temps de l’ordinaire des jours et de la vie ecclésiale –, que les textes de ce jour nous y replongent ! Les deux : la 1ère lecture comme l’évangile.
À peine sommes-nous sortis du Temps Pascal qu’on nous rappelle que le mystère Pascal est bien ce qui doit habiter nos cœurs et orienter notre vie et même notre agir, notre marche. C’est le centre de l’Histoire et c’est l’horizon qui nous est promis et qui nous est offert dès maintenant, pour l’aujourd’hui de nos jours, pour l’ordinaire de toute vie baptismale. Mais il faut y aller, se jeter à l’eau, celle de la vie à l’école du Christ, avec le Christ comme maître et Seigneur.
Et la 1ère lecture nous le rappelle, il s’agit de marcher en apprenant à obéir à cette vérité du salut qu’est le Christ lui-même, en apprenant à nous laisser racheter aujourd’hui encore et nous convertir – le choisir lui, le Christ – ; et pour ce faire : écouter sa Parole, tout-jours et encore, et la recevoir comme telle – une Parole que Dieu m’adresse aujourd’hui –, et puis nous soutenir sur le chemin, nous y aider, en frères et sœurs qui apprennent à vivre de ce salut et des promesses de vie que nous ouvrent et nous révèlent l’incarnation de Jésus et sa résurrection ; en frères et sœurs qui apprennent à aimer et se laisser aimer : aimer Dieu, aimer notre prochain comme nous-mêmes, et nous aimer les uns les autres comme lui, le Christ, nous a aimés.
Rien de bien nouveau, me direz-vous, et de fait, tout cela nous le savons. Mais ça reste à vivre, un jour après l’autre, de façon toujours nouvelle, dans la nouveauté de l’aujourd’hui qui nous est donné.
Sans nous soucier de je ne sais quelles sécurités ou richesses – pour reprendre l’image de l’or et l’argent, au début de la 1ère lecture – et sans nous soucier de je ne sais quel honneur ou je ne sais quel prix de bonne conduite – je pense ici à la question de Jacques et de Jean dans l’évangile.
Non, notre seul souci doit être celui d’avancer avec le Seigneur, de marcher humblement à l’écoute de sa Parole et au souffle de l’Esprit Saint…
En priant ces textes, ce matin, et notamment en m’arrêtant sur cette question de nos sécurités ou richesses et de cet horizon des honneurs qui nous guette et que nous recherchons parfois, même inconsciemment, je repensais à ce très beau texte de St Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituel, le « Principe et fondement » où il nous dit (je le dis avec mes mots à moi) :
L’homme est créé pour louer, révérer (c’est-à-dire aimer) et servir Dieu (et donc vivre ses appels), et par là-même sauver son âme. Que tout le reste, ajoute-t-il, nous est donné pour nous aider à cela. Et même, dit-il encore : que ce soit dans la santé ou la maladie, la richesse ou la pauvreté, l’honneur ou le déshonneur, la vie longue ou la vie courte, nous sommes faits pour louer, révérer et servir Dieu…
Voilà ce que nous devons finalement désirer et choisir, un jour après l’autre (c’est moi qui ajoute), et avec le Christ qui est là avec nous et qui, aujourd’hui encore, se donne à nous en cette eucharistie. Amen.