Ce récit est bouleversant. Il m’aura même arraché quelques larmes dans les derniers chapitres. Bouleversant de vérité sur la vie, au coeur de la fragilité, et d’amour.
Igor est mort en décembre 2019. Il avait 33 ans. Lourdement handicapé et autiste, il aura été parfois malmené par le monde médical, qui se sentait alors dépourvu et perdu, mais il aura été sauvé par l’amour, avec ses proches, et par ces rencontres qui vont jalonner ce qui va être, en fait, un si beau chemin de vie qui leur soit donné à tous. Malgré tout, mais vraiment ; et sa vie a eu un vrai impact, un rayonnement assez bouleversant, ce dont témoignent finalement ces pages – c’en est même le constat et la question de départ.
J’ai parfois croisé Igor, à la paroisse, dans mes premières années de ministère. J’y ai connu Mary et Michel, ses parents, et j’ai vu plusieurs de leurs pièces de théâtre. Et je me rappelle bien, à l’aumônerie, de son petit frère, Gaby.
J’ai bien connu, aussi, les communautés de l’Arche (de Jean Vanier), un peu par celle du Sycomore, d’abord (c’était alors à Myans), où Igor vivra 8 ans, puis à Grenoble. J’y aurai découvert cet amour débordant au coeur de la fragilité, cet amour qui se fait parfois cri et violence, mais qui s’attache à l’autre, qui est vrai, qui nous apprend à vivre à hauteur de l’autre et à son rythme, mais aussi dans une plus grande acceptation de nos propres fragilités. C’est un chemin qui est loin d’être facile, pour les proches notamment, et pour la personne elle-même, évidemment. Et pourtant, là se dit et se dévoile le sens de la vie, l’essentiel de toute vie...
Ces pages m’ont bouleversé car, à leur manière, c’est ce qu’elles nous racontent. Mary met ici en récit ce que fut la vie d’Igor, ce par quoi ça les aura fait passer, et puis la vie qui est là et qui nous traverse ; la foi aussi. Et c’est beau. C’est beau de vérité et de vie.
Je recommande ces pages, à la fois toutes simples et si denses, si belles. J’ai beaucoup aimé la préface et j’ai été remué par les derniers chapitres. Je crois que ça vaut le coup d’être lu, partagé, transmis. Et ainsi la vie continue, et Igor en est un passeur, pour nous encore, par ce récit d’une mère qui a tant fait pour son fils, une mère qui ne l’aura jamais entendu lui dire « maman » mais une mère, c’est sûr, qui aura tant aimé et tant reçu, et qui vit et marche aujourd’hui en cette présence autre, désormais.
Merci Mary de m’avoir offert de lire ces pages. Des pages pleines de vie et d’amour, des pages pleines de combat parfois et aussi de questions qui peuvent même devenir des cris ; mais des pages qui sont également pleines de douceur, de joie et de gratitude ; et d’espérance.
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Mary Vienot , Tu ne m’as jamais dit « maman » (illustrations de Mireille d’Allancé), Médiaspaul, février 2026, 143 pages, 16€.