L’arène intérieure

L’arène intérieure

Quel récit... qui m’aura pris et saisi. Oui, c’est le mot. C’est saisissant. Percutant. C’est magnifique et pourtant violent, terrible, mais c’est saisissant.

Ulysse Josselin, l’auteur de ce roman qui est une autofiction (pour reprendre le mot de la 4ème de couverture) raconte son séjour en hôpital psychiatrique. Il y aura été de lui-même, comme un ultime recours, un sursaut de survie, un ultime soubresaut de cette vie qu’il voulait fuir mais qui le traversait quand même.

Et là, il raconte. Son histoire, sa quête d’identité, comment il s’est fui et perdu. Et mettant tout cela en mots avec sa psy mais aussi avec le médecin psychiatre, ou au regard de ce qui va se jouer avec celles et ceux qu’il va là rencontrer, il relit son histoire, et notamment cette violence qu’il a subie, celle de son père, et sa mère qui ne l’a pas cru. Comment il a cherché à en finir et quels masques il a dû se donner ou accepter pour sauver sa peau. Comment il a finalement joué les rôles qu’il fallait pour qu’on le considère mais aussi qu’on lui foute la paix ; et finalement pour exister…

Qui est-il vraiment, que pourra-t-il faire de tout cela ? Qu’est-ce qui se rejouera encore ? C’est tellement complexe...

Pendant ce séjour il va rencontrer aussi celle qu’il nomme ici la Fille, et puis Marius. Aimer, être aimé, croire qu’on peut aimer ou qu’on vous aime. Tous ont leur fragilité, et quelle sera la vérité de ce qui va se lier ou se jouer entre eux, comment lui sera-t-il encore dans un rôle ou au contraire va-t-il advenir à lui-même, un peu, ou un peu plus ?

Un roman saisissant. Et tellement terrible en même temps. Mais qui m’aura tenu, et que j’ai trouvé tellement intéressant, notamment les dialogues ou les mises en récit de son histoire lors des rencontres avec la psychologue. Bluffant, en fait. Et en plus c’est littérairement très bien écrit.

C’est vraiment une très belle lecture ; une plongée dans cette triste réalité-là de ce monde de la psychiatrie mais qui est en même temps le réel d’une quête de soi et à vivre, malgré tout...

Bluffant, oui, terrible et violent, oui, mais surtout saisissant... Oui, c’est vraiment le mot et l'impression qui m’habitent en refermant ces pages et qui m’auront habité ces jours... Saisissant et percutant…

Ulysse Josselin livre là son premier roman, visiblement inspiré de sa propre histoire. Un récit qui est un témoignage de cette quête identitaire de beaucoup de jeunes aujourd’hui, qui vont mal, qui se cherchent ou veulent fuir leur vie, un témoignage aussi de ces violences intra-familiales qui vous détruisent... et dont on parle tant ces dernières années (et ça, c’est franchement glaçant)...

Y a-t-il un peu d’espérance là-dedans, et au final ? J’ose le croire, je l’espère même, mais c’est tellement complexe tout cela, et ces vies sont tellement blessées et même brisées... On ne sait quelles rencontres relèveront petit à petit, quels autres sursauts de vie ou déjà de survie peuvent aider... Tout reste alors à écrire... à vivre... tout reste en chemin...

--------------

Uysse Josselin, L’arène intérieure, éditions Philippe Rey, avril 2026, 311 pages, 21€.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :