L’homme serait né vers 1030, il est décédé le 6 octobre 1101. On le connaît pour ce monastère de la Grande Chartreuse qu’il fonda et l’Ordre cartusien qui en est né. En Chartreuse il ne resta que peu et c’est en Calabre qu’il mourut.
Qui était-il, lui qui avait déjà la cinquantaine quand il s’installa dans ces montagnes rudes du Dauphiné, lui qui fut professeur à Reims et que certains auraient voulu évêque ?
Alexia Vidot a été marquée par des récits de saints qui mettaient en mots leur pâte humaine, qui ne racontaient pas juste de belles histoires de sainteté parfois un peu éthérées voire enjolivées . Et elle a été marquée par sa « rencontre » avec cette figure de sainteté qu’elle a voulu connaître. Alors elle raconte. Elle a cherché qui fut cet homme et ce que fut son époque, ce qu’il a pu écrire ou ce qu’on en a dit, et elle en fait un récit, une sorte de roman historique et spirituel, ou plus exactement une « biographie spirituelle ».
C’est François Sureau, auteur du roman Inigo – sur Saint Ignace de Loyola – qui a écrit la préface de ce livre. Son récit à lui du saint espagnol a justement marqué notre auteure et lui a donné envie de raconter, elle, Saint Bruno – comme elle le raconte dans les dernières pages du livre. Et c’est de fait de la même veine.
J’ai trouvé passionnant et très bien écrit, au style simple et spirituel. Passionnant car l’époque fut complexe, politiquement et ecclésialement, et que notre auteure sait nous le raconter ; qu’elle sait, là, nous offrir aussi qui fut Saint Bruno, et cet élan spirituel qui l’habitait et qu’elle met en mots pour nous, qui peut nous nourrir nous aussi, qu’on peut glaner ci et là et laisser résonner en nous.
Une belle lecture spirituelle, aux accents de témoignage historique, et un beau récit de vie. Au style simple et agréable à lire, simple mais dense de foi. Et c’est bon, tout simplement.
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Alexia Vidot, Saint Bruno. L’homme derrière le chartreux, Cerf, septembre 2026, 181 pages, 17€.