Aider à renaître. Au coeur des blessures de la vie

Aider à renaître. Au coeur des blessures de la vie

Voilà un livre que j'aurai trouvé pour un part intéressant et en même temps un peu étonnant dans le style et son contenu. 

Il s'agit de l'édition des notes d'une retraite donnée en 2022 aux Petites soeurs des Maternités catholiques – que j’ai bien connus à Bourgoin-Jallieu où elles ont leur maison-mère. Et ce qui peut étonner un lecteur qui n'est pas religieuse de cette congrégation c'est d'être renvoyé souvent à leurs textes fondateurs. Car les propos de l'auteur, dans les premiers comme les derniers entretiens, s'appuie sur ces textes pour que son propos trouve résonances concrètes dans la vie communautaire et le charisme propre à cette congrégation.

Et c'est spirituellement beau et intéressant ce qu'il leur partage de la miséricorde de Dieu, dans les premiers des 9 entretiens de cette retraite. J'ai trouvé que c'était bon pour nous aussi ; et je pensais même à des soignants – puisque c'est la vocation des Petites soeurs, dans leur service de la vie naissante –, me disant que ces pages leur seraient sans doute profitable.

Au 4ème entretien, les choses semble basculer. Et on a l'impression que ces trois entretiens qui commencent là sont alors plus de l'ordre d'une session de formation, sur les blessures qui marquent nos vies, notamment ce que notre auteur appelle des « blessures de l'âme », des blessures qui marquent qui nous sommes, qui sont la conséquence d'un mal subi, et pour lesquelles nous allons mettre en place des modes de survie dont certains peuvent être enfermants et même provoquer d'autres maux, être de l'ordre du péché. A la fois nous sommes victimes et cela nous rend partie prenante d'un mal plus grand. Et l'auteur de nous inviter et nous apprendre à repérer cela pour débusquer le mal que nous pouvons en faire et le péché capital qui se cache derrière et pour lequel il nous faut apprendre à demander la grâce de Dieu.

Tout cela est dit trop vite mais peut-être me faut-il vous citer ces quelques mots qui diront les chose bien mieux que moi : l'enjeu est de « voir comment, à partir de ces blessures, nous pouvons parfois mettre en place des chemins de survie, qui ne sont pas des chemins de vie et qui peuvent nous conduire à un péché capital plus particulier qui, à terme, nous épuise » (p.125).

Et au fil de ces pages de ces entretiens 4-6 l'auteur aborde les différentes forme de prière de l'Eglise que nous pouvons demander : prière de consolation, prière de délivrance et sacrement de la réconciliation. Il aborde tout cela au regard de son expérience dans les sessions Agapè dans le diocèse du Puy – lui-même est prêtre du diocèse de Marseille, médecin aussi en soins palliatifs.

Je me permets là une petite parenthèse : c'est le côté un peu pénible de ce livre – et donc de cette retraite et pour nous de cette lecture –, ça fait un peu promotion des retraites Agapè, ce qui est accentué fortement par la postface qui est écrite des membres de ces sessions – et qui ont du coup le mot de la fin de ces pages...

Je reviens au corps de livre : le tout se termine par trois entretiens à nouveau sur des question de vie spirituelle plus large, et à nouveau plus à destination de ces religieuses en ce qui fait leur choix de vie, mais avec des liens pour les couples ou pour des prêtres ; on y aborde la question de la vie de prière et d'oraison, celle la fécondité spirituelle de nos états de vie, celle des conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance comme déploiement des grâces du baptême, et celle de notre triple mission baptismale de prêtres, prophètes et rois.

On voit bien le parcours qui nous est en fait proposé : 

  1. entretiens 1 à 3 : se mettre à l'école de la Bonne nouvelle de la miséricorde de Dieu qui veut nous rejoindre et nous relever, nous aimer, nous guérir de toute blessure ;
  2. entretiens 4 à 6 : apprendre à comprendre et repérer ce qui nous blesse et d'om ça vient, quels chemins de survie nous avons mis en place et pourquoi cela peut nous épuiser intérieurement voire physiquement, pour débusquer le mal que ça nous fait faire ;
  3. entretiens 7 à 9 : de là, petit à petit, avec Dieu, apprendre à le laisser prendre place en nos vies (la prière notamment) pour déployer une relation plus ajustée et renouvelée à nous-mêmes, à lui et aux autres.

Notre auteur, prêtre et médecin, développe et aborde tout cela à l'école du saint-pape Jean-Paul II dont les Petites soeurs des Maternités catholiques se sentent proches et ont beaucoup travaillé sa « théologie du corps » et son « Évangile de la vie ». Et spirituellement nous sommes en ces pages à l'école aussi du Bx Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus et des saints du Carmel, notamment Ste Thérèse de Lisieux, Edith Stein et St Jean de la Croix – notre auteur est membre de l'institut Notre-Dame de Vie, fondé par le P. Marie-Eugène.

Notez enfin que j’ai aimé trouver aussi dans les premiers chapitres des références aux moines de Tibhirine, le frère Christian notamment mais surtout le frère Luc, celui qui était médecin – notre auteur a d'ailleurs écrit un Prier 15 jours avec frère Luc (éd. Nouvelles Cités) que les citations proposées m’ont donné envie d’aller lire…

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François Buet, Aider à renaître. Au coeur des blessures de la vie, Nouvelles Cités, mars 2023, 199 pages, 18€50.

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