Des noeuds d’acier

Des noeuds d’acier

Ce roman est absolument terrible et même terrifiant. De la belle littérature, côté style et écriture, mais horrible dans ce qu’il raconte.

Ce premier roman de Sandrine Collette, par lequel elle s’est fait connaître, a reçu le Grand prix de littérature policière 2013, mais c’est plus un thriller qu’un polar (il n’y a d’ailleurs pas d’enquête) et c’est effroyable sur la noirceur humaine et la capacité au mal et même à l’atroce.

Je me doute bien que ces mots ne vont pas plaider en faveur d’une lecture de ces pages. En tout cas dit comme ça. Et de fait l’histoire est terrible : un homme qui sort de prison après avoir réduit à l’état de légume son propre frère, qui va fuir loin de tous alors qu’il vient de sortir de prison et qui là se retrouve pris au piège par deux vieux frères complètement tarés qui vont littéralement le capturer et le réduire en esclavage.

Alors on sait dès le début qu’il s’en sortira un jour, car une femme raconte les notes qu’elle a récupérées de lui, après sa captivité, où il raconte sa descente aux enfers. Et du coup ça vous prend, dès le début, pour comprendre ce qui a pu se passer et qu’est-ce que tout cela, annoncé, peut bien vouloir dire, concrètement. Et là c’est la plongée pour nous aussi. Dans l’impensable…

Franchement, ça a quelque chose de déprimant sur la capacité de l’homme au mal. Et ça ressemble à un terrible fait divers dont on ose imaginer, en l’apprenant, que ce puisse être possible. Mais que, pourtant, ça existe…

Je ne sais s’il faut lire ces pages, et je me demande comment on a l’idée d’écrire une telle histoire, sauf à avoir entendu parler d’une telle histoire et avoir voulu explorer les ressorts d’une telle violence mais aussi d’un tel instinct de survie ?

Franchement c’est terrible. Mais c’est très bien écrit, même si on n’en est pas encore au degré de maturité et puissance littéraires de romans plus récents de Sandrine Collette et notamment de son Madelaine avant l’aube – Prix Goncourt des lycéens 2024, par lequel j’ai découvert cette auteure – ni de son On était des loups – terrible mais superbe.

Voyez… au moins par curiosité ? Je ne sais… Moi je ne regrette pas d’avoir lu ces pages mais c’est vrai que c’est terrifiant et ça me laisse sans voix…

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Sandrine Collette, Des noeuds d’acier, Le Livre de Poche, rééd. décembre 2024 (1ère éd.Denoël 2013), 262 pages, 8€70.

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