C’était le Goncourt 2025. Et c’est un pavé de presque 750 pages... On me demande si je l’ai lu, ce que j’en pense, et j’hésitais à écrire quelque chose... car ce blog n’a pas pour but de faire de la critique littéraire, non, mais simplement partager des lectures qui m’auront intéressé, voire touché, des livres qu’on a pu m’offrir aussi et qui méritent qu’on les lisent, et puis des coups de coeur littéraires.
Ici rien de tout cela. Ou plutôt, si : on me l’a offert – alors que je ne comptais pas le lire, vu la taille et que les Goncourt sont souvent de la littérature un peu « complexe », je trouve. On me l’a offert, donc ; et donc fallait bien que je m’y plonge ! Et en plus l’un ou l’autre m’a plutôt encouragé ; fallait vraiment essayer !
Et je ne regrette pas. Même s’il me faut le dire de suite aussi : je n’ai pas réussi à terminer… du moins pour l’instant. C’est trop gros, trop long, je cale. A dire vrai, il m’avait déjà fallu passer la barre des 50 premières pages, je peinais un peu – une certaine peur de la longueur qui me faisait douter par avance de moi et de ma capacité à lire un tel pavé ? et le style, dans lequel il faut entrer –, mais ensuite j’ai été pris, ça m’a tenu, j’allais même dire que c’était appelant, le style m’entraînait, me prenait (finalement) et l’histoire aussi. Celle de Marie-Ernestine, l’arrière-grand-mère de notre auteur/narrateur, sa vie avant, pendant et juste après la 1ère guerre mondiale. Passionnant dans le récit et pour une part aussi le style, même si les phrases sont ma foi très longues, et même impressionnamment longues ! Ce qui a peut-être joué pour la suite – le derniers tiers et même le dernier quart (quand j’ai calé) –, plutôt centrée sur sa fille Marguerite, la grand-mère de notre auteur/narrateur – celle dont il était d’abord question dans les 50 premières pages de ce livre.
Je dis que ça joue, je crois, car la longueur parfois un peu interminable des phrases ajoute à la longueur du récit, ou l’amplifie. Même si le style est littérairement beau, et qu’on aurait même plaisir à lire à voix haute – ce qui rend la lecture plus facile, j’ai l’impression.
J’ai donc aimé, et j’ai peiné. Et là j’ai besoin de refermer ces pages, que je vais laisser sur ma table de chevet ; on ne sait jamais, je trouverai peut-être le courage du dernier quart qu’il me restait à lire, et de pouvoir goûter au final vers lequel on aimerait tendre et arriver, pour comprendre l’enjeu à tout ce long récit, le pourquoi de ce besoin de remonter ainsi le temps, outre ce que les 50 premières pages en disaient déjà...
Peut-être aurez-vous eu plus de courage que moi, ou en aurez-vous pour tenter l’aventure ; vous me direz ! Et j’ose alors vous souhaiter une belle et bonne lecture. Moi j’ai besoin d’aller voir ailleurs. Et peut-être cette lecture était-elle une marche un peu haute après le précédent roman qui m’avait tant touché et même bouleversé et qui était tellement différent... C’est possible que ça ait joué aussi... À suivre, peut-être ; on verra…
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Laurent Mauvignier, La maison vide, Les éditions de Minuit, août 2025, 744 pages.