Homélie Vendredi de Pâques

Homélie Vendredi de Pâques

Ven. 10 avril 2026 | Octave de Pâques

Ac 4,1-12 / Ps 117 / Jn 21,1-14

Avec cette page d’Évangile nous voilà avec Pierre et ses compagnons qui semblent être revenus à leur vie d’avant, leur vie de pêcheurs… Alors même qu’ils ont déjà vu Jésus ressuscité à deux reprises déjà, nous dit le texte. Et vous aurez peut-être remarqué que Pierre est d’ailleurs appelé Simon-Pierre…

C’est comme s’il y a quelque chose qui résiste tellement c’est quand même incroyable, impensable, impossible.

Et Jésus est là, qui vient de nouveau les rejoindre et qui, de nouveau, va se donner à reconnaître.

Cette fois c’est avec une pêche miraculeuse. Et comme pour nos deux disciples d’Emmaüs, mercredi, avec la fraction du pain, cette pêche miraculeuse vient réveiller notre mémoire et éveiller leur cœur. Car cette scène, ils l’ont déjà vécue, la première fois qu’ils ont vu Jésus, au premier jour où il les a appelé. Rappelez-vous, en Lc 5,1-10. Ça fait déclic en eux, pour eux – et nous avec. C’est bien lui, encore ; c’est bien vrai, il est bien vivant, ressuscité.

Ils le savaient, mais ils ont encore à l’accueillir vraiment, il faut encore que ça prenne en eux, que ça s’inscrive en eux, comme une réalité de vie, un pour-tout-jours bien réel.

Et nos disciples, Simon-Pierre et les autres, ils sont bien comme des enfants – c’est le mot qu’utilise Jésus. Comme des enfants qui ont encore à apprendre, à croire que Jésus est bien là, vivant, ressuscité, même quand leurs yeux ne le verraient plus.

Je le disais hier, jusqu’à l’Ascension 40 jours sont donnés pour cela, 40 jours pour se laisser « repêcher » ; et  pour se laisser aussi envoyer et réenvoyer en mission, pour devenir des « pêcheurs d’hommes », comme Jésus le leur avait dit (Mt 4,19).

Pour l’heure ils sont comme des enfants, qui doivent faire confiance et se laisser conduire – ce sera d’ailleurs l’appel et la suite de l’histoire, pour Pierre, la suite de ce chapitre 21 de St Jean.

Et pour l’heure, nous aussi, nous sommes appelés à nous laisser éveiller à cette Bonne nouvelle de la résurrection de Jésus, cette nouvelle incroyable, extraordinaire, qui appelle notre confiance, confiance dans les promesses du Père, ses promesses de vie et de salut, confiance au Christ aussi, qui nous dit qunil sera là avec nous, qu’il est là, pour tout-jours, et qui nous envoie à sa suite vivre et annoncer le salut…

Nous voilà nous aussi comme des enfants, appelés jour après jour à entendre et reconnaître le fin murmure de sa voix, dans une prière fidèle et persévérante et dans l’écoute de sa Parole, appelés à croire aussi en sa présence qui se donne, en son eucharistie notamment, et qui nous fait devenir ce que nous célébrons, ce que nous allons recevoir ce jour encore, le Corps du Christ, c’est-à-dire sa présence en paroles et en actes, au souffle de l’Esprit saint, ce son qu’il nous fait et qu’il nous faut accueillir comme à la Pentecôte.

Alors ce matin encore laissons-nous rejoindre nous aussi, comme des enfants au cœur confiant, des enfants à qui le Père veut offrir son salut, son amour sauveur. Pour nous et pour le monde. Amen.

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