Mots d'homélie scouts évangile 29 mai 2016

Publié le par Christophe Delaigue

Mots d'homélie scouts évangile 29 mai 2016

Ces lignes de méditation à partir de l'évangile de ce dimanche de la Fête du Corps et du Sang du Christ ont été écrites pour les jeunes, leurs familles et les chefs des Scouts et Guides de France St François d'Assise de Bourgoin-Jallieu, pour la célébration (qui aurait dû être une messe) du week-end de Groupe, à Maubec...

Lc 9,11b-17

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Dans l’évangile de ce dimanche j’aime bien ceux qu’on appelle les Douze ; je les aime bien parce que ce sont des gars qui sont réalistes. On imagine bien la scène, il y a du monde de partout, les gens se pressent pour écouter Jésus, non seulement parce qu’il guérit les malades – et que nous aussi d’ailleurs on aimerait bien parfois que ça fonctionne comme ça – mais aussi parce que son message, à Jésus, et ce qu’il révèle de Dieu, ça leur parle, ça donne du sens à leur vie, ça donne du sens à leurs questionnements sur le sens de la vie, la souffrance, la mort, et même sur qui est Dieu.

Ils sont donc réalistes les Douze. Ils voient que le jour baisse, qu’il y a du monde de partout, que jamais on pourra nourrir toute cette foule et donc qu’il faut que tout le monde rentre chez soi. Et ils ont bien compris les Douze que la foule elle fera ce que Jésus lui dira, qu’il n’y a que lui, Jésus, qui puisse les convaincre.

Sauf que Jésus il n’obéit pas aux Douze. « Bougez-vous, il leur dit, débrouillez-vous, donnez leur à manger ». Sacré Jésus ! Comme si c’était si simple !

Et eux ils obéissent ! Ils sont un peu fous sur les bords ! Ils prennent ce qu’ils trouvent : 5 pains qui traînent par là et 2 poissons qui doivent pas être très frais après une journée dans le désert en plein soleil.

J’aimerais bien qu’on imagine la scène pour nous aujourd’hui. Vous imaginez hier soir, vos chefs de Groupe ou je ne sais qui a oublié de prévoir le repas et là on vous dit : « Pas de souci, sortez de vos sacs vos restes du pique-nique de je ne sais quand et ça va suffire ». Et même pire encore : « il va en rester pour d’autres alors que vous aurez mangé à votre faim ! »

C’est quoi cette histoire ?

Si Jésus c’est vraiment le Fils de Dieu et pas seulement un homme juste comme nous, alors il peut faire des miracles. D’ailleurs certains d'entre nous on aimerait bien parfois que Dieu fasse des miracles dans notre vie, on se dit que ça pourrait nous aider à croire.

Moi je crois que Dieu il nous donne ce dont nous avons besoin. Pas des choses extraordinaires qui en mettraient plein la vue… Pas forcément ce qu’on aurait souhaité parce qu’on croit que c’est ça dont on a besoin… Mais Dieu peut nous donner le petit peu dont nous avons besoin et qui va nous suffire. Par contre il peut rien sans nous ! Faut déjà qu’on lui demande ce qui nous paraît important. Et peut-être même qu’avant de lui demander des trucs faudrait qu’on pense à lui dire qu’on veut bien y croire un peu qu’il existe et y croire un peu qu’il est là.

Dieu c’est comme nos parents. Si on leur parle que pour leur demander un billet de 100 euros ça risque de pas trop marcher. Par contre ils savent vraiment ce dont on a vraiment besoin et c’est ça qui est important, même si des fois on est un peu déçu parce qu’on aurait voulu autre chose…

Vous allez me dire : « Ok, on veut bien te croire, mais comment on fait avec Dieu, comment on fait avec Jésus ? » Réponse toute simple même elle va pas forcément vous satisfaire : « Il va d’abord falloir essayer de faire confiance ». Confiance que même si on ne le voit pas, Jésus, il est là, puisqu’il l’a promis. Confiance aussi que s’il existe, Dieu, ce que je crois, alors il sera présent à nos côtés, même dans nos épreuves, si on lui fait une petite place.

Mais faut faire confiance... Notamment parce que Jésus a dit qu’il serait toujours avec nous, et qu’il le serait notamment par un truc complètement fou mais en fait complètement génial à savoir par le pain et le vin de l’eucharistie – le truc de la messe –, ce pain et ce vin sur lesquels on prie l’Esprit Saint, la force de Dieu, pour que ça devienne mystérieusement mais réellement le signe de la présence de Jésus et le moyen par lequel il vienne nous rejoindre, au plus intime de nous-mêmes, en nous.

Et du coup, Jésus sera notre force intérieure pour apprendre à aimer mieux, comme lui, et à pardonner, comme lui. Et ce que j’aime avec Jésus c’est il croit en chacun de nous, il croit qu’on a tous quelque chose à apporter à ce monde, même quand on désespère à cause du mal. Et il nous dit : « Vous pouvez y arriver ensemble. Ensemble vous pouvez faire de grandes choses auxquelles vous n’auriez même pas pensé, toutes petites peut-être mais qui peuvent changer ce monde. Et si vous pensez à m’associer à vos projets – c’est toujours Jésus qui parle – alors vous verrez y’a des petits miracles du quotidien qui vont se réaliser. »

C’est exactement ce qui se passe dans l’histoire qu’on vient d’entendre. Ensemble, avec presque rien, les Douze qui ont obéi à Jésus ont fait un truc extraordinaire. Parce qu’ils ont accepté de faire confiance.

Alors moi je sais pas trop comment vous croyez en Dieu et comment vous croyez en la présence de Jésus. Je sais juste que croire c’est pas tout comprendre mais que c’est faire confiance. Et je sais que pour croire on a besoin les uns des autres pour s’épauler quand on se posera des questions ou qu’on aura des doutes ou lorsqu’on traversera une épreuve. Et ce que je sais, ce que je crois, c’est que si je ferme les yeux et j’écoute en moi il y a des désirs de vie qui sont là ; je crois que ça a quelque chose à voir avec Dieu.

Alors on va essayer de fermer les yeux… Juste essayer d’écouter en nous ce que ces mots font remonter en nous. Et en faisant le pari de confiance que Dieu est là et qu’il nous entend, dans le silence de notre cœur on essaye chacun – y compris les parents – de dire un merci à Dieu ou à la vie pour une truc super qu’on a vécu ces dernières semaines ; puis un pardon pour un truc pas génial qu’on a fait ; et enfin on pense à quelqu’un qui aurait bien besoin d’un peu de force de Dieu ou d’amour ou d’amitié et ce visage on le confie à Dieu, toujours dans notre cœur.

Allez, on essaye. On ferme tous les yeux… Un merci… Un pardon… Un visage pour qui on prie…

Publié dans Homélies, Méditations