Le blog de Christophe Delaigue, prêtre à Grenoble : homélies, cinéma, lectures…

Je revenais des autres

Je revenais des autres

Ce titre m'a intrigué. Et attiré. Mais c'est aussi pour l'auteure que je me suis arrêté à cette couverture puis à ces pages, car j'ai beaucoup aimé son premier roman, Tout le bleu du ciel – et j'avais lu avec un certaine joie aussi Les lendemains même si j'avais aimé un peu différemment, un peu moins que ces deux-là.

Ce titre – Je revenais des autres –, Mélissa Da Costa le prend d'un poème d'Andrée Chedid dont elle cite quelques lignes en ouverture à ce qui va se raconter. Et il s'agit bien, dans ce qui va suivre, de retour : retour à soi, retour à la vie, retour à un certain bonheur possible quand celui-ci ne s'entrevoyait plus. Pour les uns et les autres – dans cette histoire – et surtout grâce aux uns et aux autres. Certains peuvent nous perdre, ou nous pouvons nous perdre à cause d'eux ; d'autres peuvent nous aider à en revenir, du moins ce que nous aurons vécu ensemble rendra peut-être un chemin possible...

Peut-être commencez-vous à comprendre de quoi il s'agit en ce roman !? Des vies cabossées, des histoires blessées. Tout commence par celle d'Ambre – et de Philippe. Elle a 20 ans – il en a 40. Elle ne vit que par lui, mais c'est destructeur. Pour preuve, cette TS qui va la conduire à l'hôpital et qui, lui, va le pousser à l'emmener dans cet hôtel-restaurant de montagne, « pour qu'elle se reconstruise » dira-t-il. Là elle va y rencontrer d'autres saisonniers, Andréa, Tim, Rosalie. Tous avec leur histoire, dont ils ne veulent et ne peuvent parler. Même si ça viendra...

Un roman sur l'amitié et sur les difficultés à aimer d'une jeunesse un peu perdue, aimer sans se faire mal, aimer simplement, aimer et rester – ou devenir – vivant. Un roman qui pose d’ailleurs cette double question : « Qu'est-ce qu’aimer et qu’est-ce que vivre ? » – dans la suite des deux précédents, finalement, mais encore un peu autrement. Un roman très actuel dans ce qu'il raconte de ces jeunes (et moins jeunes) et de leurs questionnements affectifs et familiaux... En tout cas un roman qui se lit très bien, très facilement, qui moi m'a pris et m'a peu lâché et que j'ai vraiment bien aimé – même si on trouvera peut-être que ce n'est pas de la grande littérature, mais qu'importe en fait : ce qui compte c'est le chemin que le livre et sa lecture nous font vivre !

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Mélissa Da Costa, Je revenais des autres, Le Livre de Poche, janvier 2022 (Albin Michel, 2021), 691 pages, 8€90.

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